Vincenzo Aiutino, d’origine italienne, est né le 10 mars 1970 en Suisse. Son procès révélera une enfance particulièrement abominable sous le joug d’un père brutal qui l’obligeait notamment à manger ses excréments et qui abusait par ailleurs de ses filles. Devenu adolescent, il multipliera les signes d’une personne déjà fragile psychologiquement, faisant l’objet de pas moins de onze procédures pour des affaires de mœurs et fera deux séjours en institut psychiatrique.
Parcours criminel
Déjà connu des tribunaux belges et français depuis sa minorité, il a été plusieurs fois condamné pour attentat à la pudeur, exhibitionnisme et outrage, notamment sur quatre femmes, à trois ans de prison dont un an ferme. Il sort de la maison d’arrêt de Metz le 14 mars 1991.
Quelques mois plus tard, le 6 août 1991, la famille d’Isabelle Le Nénan, attachée commerciale, âgée de 20 ans, signale la disparition de cette dernière. On retrouve sa voiture sur le parking d’un supermarché à Mont-Saint-Martin mais aucune trace de la jeune femme. A peine plus d’un mois après, le 13 septembre 1991, une deuxième jeune femme, Isabelle Christophe, caissière de 21 ans dans le supermarché cité précédemment, disparaît à son tour.
Les similarités des deux disparitions, intervenues à cinq semaines d’intervalle, ne manquent pas de susciter l’intérêt des enquêteurs même si dans un premier temps la thèse de la fugue ou du suicide reste privilégié dans les deux cas. Jusqu’au 21 octobre 1991, date à laquelle deux chasseurs découvrent le corps mutilé de la première disparue, dans le bois de Turpange, en Belgique, au lieu-dit la Croix de la Mission. D’après l’autopsie, elle a subi de violents coups porté à la tête à l’aide d’une barre de fer et son corps a en partie été brûlé.
Dans la liste des délinquants sexuels, les policiers trouvent le nom de Vincenzo Aiutino. Ainsi, ce dernier est placé en garde à vue courant novembre mais même si de fortes suspicions pèsent sur le suspect, faute de preuve, et après une dizaine d’heures de garde à vue, les policiers sont contraints de le relâcher.
Le 24 février 1992, Bernadette Tour, visiteuse médicale âgée de 40 ans disparaît à son tour. Son mari se rend chez le médecin où elle avait rendez-vous. Ce dernier l’informe qu’elle est partie après la consultation et qu’une personne se trouvait dans la salle d’attente, un certain Vincenzo Aiutino. Le mari prévient la police.
Deux jours plus tard, après avoir planqué devant chez lui, les policiers tentent d’interpeller Aiutino mais celui-ci arrive à leur échapper et s’enfuie en Belgique. Un mandat international est alors lancé et la police Belge l’arrête au domicile de ses parent, où il s’était réfugié.
Vincenzo Aiutino avoue dans la soirée les trois crimes et conduit le lendemain, 28 février, les enquêteurs sur le lieu où il a déposé les deux cadavres qui n’avaient pas encore été découvert.
Enquête et procès
Une perquisition à son domicile permettra de conforter les aveux de Vincenzo Aiutino. On y retrouvera des taches de sang sur la moquette et sur un pull lui appartenant, une barre de fer encore maculée de sang et des effets personnels de la dernière victime.
Malgré tout, à peine un mois plus tard il reviendra sur ses aveux et accusera son père d’avoir tué les deux premières victimes. Puis il accusera son beau-frère en se défendant d’être mêle aux meurtres. Il réussira par ailleurs à s’évader de la prison d’Arlon, en prenant en otage un gardien, mais sera repris quelques heures après.
En attendant son extradition en France et son procès pour les trois meurtres, le 6 mai 1992 la cours d’appel de Liège condamne Aiutino à deux ans de prison ferme pour des attentats à la pudeur commis quatre ans plus tôt. Puis le 6 janvier 1993 c’est au tour du tribunal correctionnel d’Arlon de le condamner à trois ans ferme pour sa tentative d’évasion avec prise d’otage. Peine aggravée en appel à cinq ans ferme.
Le 19 août 1993 la police belge remet aux autorités françaises Vincenzo Aiutino et ce dernier est immédiatement incarcéré à la maison d’arrêt de Metz. Il continue de nier être l’auteur des crimes et continue d’accuser sa famille, notamment son beau-frère.
Au cours de son procès il finira par admettre être l’auteur du meurtre de Bernadette Bour, la troisième victime, mais continuera de nier jusqu’à la fin être l’auteur des deux premiers meurtres.
Le 6 mars 1998, Vincenzo Aiutino, alors âgé de 28 ans, a été reconnu coupable de l’assassinat d’Isabelle Le Néan, d’Isabelle Christophe et de Bernadette Bour et a été condamné à la perpétuité, assortie d’une durée incompressible de 18 ans.
Profil criminel
Vincenzo Aiutino est un tueur en série de type organisé. Il prémédite ses actes et sélectionne ses victimes. Son enfance est également symptomatique de ce genre de tueur, avec un père tyrannique et une mère surprotectrice. Il a très tôt été qualifié de psychopathe pervers par les psychiatre qu’ils l’ont examinés.
Le scénario de ses crimes est toujours le même. Après avoir attiré les victimes dans un endroit discret, il les menace et s’exhibe devant-elles tout en leur proposant une relation sexuelle. Suite au refus il les tue sans autre forme de procès. Le fait qu’il ait répété trois fois le même rituel avec le même résultat laisse penser que son but réel n’est pas le viol à proprement parler mais le meurtre qui a une connotation sexuelle très forte chez lui.