Affaire Sylvie Aubert – Le Blog De L'Etrange
Criminalité

Affaire Sylvie Aubert

Les Disparus De l'A6

Elle était caissière au supermarché Mammouth de Chalon-sur-Saône. Le 14 novembre 1986, la jeune femme quitte son travail vers 21 heures et devait rejoindre la ferme familiale à vélomoteur située à Saint-Loup-de-Varenne. Il ne lui faut pas plus d’un quart d’heure pour faire le trajet. Son cadavre sera retrouvé plus de cinq mois plus tard le 20 avril 1987 dans la rivière de la Dheune sur la commune de Géanges à 30 km de son domicile. S’il est impossible d’identifier le visage et le corps en décomposition, la famille reconnaît les bijoux à la main et le pull. L’identification formelle est réalisée grâce à l’implantation dentaire. Le meurtre ne fait aucun doute. Faute d’indices, l’enquête patauge.sylvie-aubert-a-ete-tuee-en-1986.jpg

D’intenses recherches sont alors menées : 300 personnes dont de nombreux gendarmes, quadrillent le secteur à pied. Le père de Sylvie lance un appel à la télé. En 2007 apparaît le nom d’Ulrich Muenstermann impliqué dans deux meurtres similaires de femmes. Mais la preuve de sa présence sur Chalon n’est alors pas avérée.

Auxerre, le 4 octobre 2011. Ulrich Muenstermann lors de son procès pour le meurtre d’une jeune femme. En appel en 2012, il a été condamné à la réclusion à perpétuité . Photo : Florian Salesse / L’Yonne Républicaine

Grâce à l’implantation dentaire, l’identification formelle est ensuite réalisée. Le meurtre ne fait plus aucun doute.

Les parents de Sylvie Aubert / Capture d'écran - Reportage France 3
Les parents de Sylvie Aubert / Capture d’écran – Reportage France 3

Les parents de Sylvie Aubert envisagent plusieurs scénarios. Ils avancent la possibilité que quelqu’un qui la connaissait la surveillait, lui voulait du mal. Le soir de sa disparition, alors qu’elle roulait sur une route peu empruntée, la jeune femme portait un casque, un blouson et un jean. Autrement dit, pour sa sœur, Martine Aubert, « elle était méconnaissable »… Sauf pour quelqu’un qui était au courant de son itinéraire.

Archive du journal Le Courrier de Saône-et-Loire
Martine Aubert, sœur de la victime, en 2019. Photo Emmanuelle Bouland / Le JSL
Martine Aubert, sœur de la victime, en 2019. Photo Emmanuelle Bouland / Le JSL

Faute d’indices, l’enquête tourne en rond. Quelques années plus tard, en 1996, elle se conclut par un non-lieu. Mais dix ans plus tard, pour éviter la prescription, Martine Aubert se porte partie civile, et un juge reprend l’affaire en main, avant qu’un rebondissement ait lieu. Le mode opératoire du meurtrier rappelle celui d’Ulrich Muenstermann, un tueur en série allemand de 57 ans. Ce dernier a été condamné en appel à la réclusion à perpétuité pour le viol et le meurtre de Sylvie Bâton, à Avallon, dans l’Yonne, en 1989. L’étudiante de 24 ans, qui vivait seule et avait confié à sa mère que cela l’inquiétait, avait été retrouvée morte dans sa baignoire.

Avant une longue période d’errance en Europe, dont on ne sait pas grand chose, Ulrich Muesntermann avait tué et violé une jeune femme de 25 ans, du nom de Karen Oehme, dans son pays d’origine.

Sylvie Bâton a été violée et assassinée en mai 1989, dans l’Yonne. Photo DR

Sylvie Bâton et Karen Oehme, deux femmes sportives, présentaient des similitudes physiques avec Sylvie Aubert. Aussi, elles ont elles aussi été retrouvées avec les mains ligotées par du fil de fer ou du fil électrique. Après avoir été violées, elles ont été étranglées, à l’instar de Sylvie Aubert.

Au quotidien, cette Martine Aubert, qui se refuse à voir le meurtre de sa sœur impuni, peut compter sur le soutien de l’association éponyme Christelle, dont l’une des personnes à en être à l’origine est la mère de Christelle Blétry, lycéenne tuée en 1996. Son corps avait été retrouvé le 28 décembre, au bord d’une route de campagne à Blanzy. Elle avait été violée et poignardée 123 fois. Elle aussi fait partie des « disparues de l’A6 ».

Les «cold cases» des disparues de l’A6 – Affiche réalisée par l’association Christelle

Cette association d’aide aux victimes d’agression criminelle de Saône-et-Loire, dont le président est Bernard Hommey, regroupe les familles d’une dizaine de jeunes filles tuées dans la région depuis les années 1980.

Elle a tristement vu la liste des victimes s’allonger au fil des années. Sollicitant dans un premier temps les instances politiques locales et régionales, elle a pris du poids et une dimension nationale lorsqu’elle s’est rapprochée du cabinet de l’avocat parisien Maître Didier Seban. Les ministres successifs de la Justice, Michèle Alliot-Marie, Rachida Dati et Christiane Taubira, ont été saisis par l’association qui croit à l’action groupée. Les familles ont retrouvé de l’espoir fin 2011, avec le spectaculaire rebondissement de l’interpellation d’un suspect, 25 ans après le meurtre de Christelle Maillery, 16 ans. Jean-Pierre Mura sera condamné à 20 ans de réclusion, peine confirmée en appel en 2016 à Dijon.

L’affaire Christelle Bletry, jeune femme de 20 ans tuée à Blanzy en 1996 d’une centaine de coups de couteau, avait également connu un rebondissement en 2014, 18 ans après les faits, avec l’arrestation de Pascal Jardin. Condamné en 2017 à la perpétuité, il a vu sa peine confirmée en appel en octobre 2018.

Tout au long de l’année, les membres de l’Association organisent des animations, des ventes de fleurs, de brioches ou encore des dîners dansants, afin de récolter des fonds. Des activités qui semblent bien loin du combat de ces familles endeuillées, mais qui sont pourtant essentielles, notamment pour pouvoir financer les frais d’avocat et espérer un jour résoudre ces affaires.

Maître Seban, avocat de Martine Aubert, s’évertue à convaincre le juge d’instruction de pousser les investigations pour déterminer l’itinéraire d’Ulrich Muesntermann en Bourgogne, et déterminer s’il est passé par la Saône-et-Loire.

En juin 2016, la gendarmerie lance un appel pour retrouver ce culturiste admirateur de Schwarzenegger. L’homme, qui pèse 110 kilos pour 1,80 m, aurait fréquenté dans les années 1980 diverses salles de sport du Chalonnais. « Si Sylvie est tombée dans les mains de ce colosse, elle n’avait aucune chance de s’en sortir », confie alors au JSL l’aînée de la victime.

Les enquêteurs se rapprochent d’anciens adhérents du complexe sportif American Fitness, à Chalon-sur-Saône, qui auraient pu le croiser. Un numéro Vert est mis en place pour tenter de recueillir des témoignages.

En mai 2017, le Parisien révèle que les gendarmes de la section de recherches de Dijon se sont récemment rendus à Geldern (Allemagne) pour l’auditionner.

Ulrich Muenstermann, ici sur des photos prises en 2002 et en 1993. Le nom du tueur et violeur en série allemand, 58 ans, revient dans bon nombre d'affaires criminelles non élucidées. (LP/PHILIPPE DE POULPIQUET)
Ulrich Muenstermann, ici sur des photos prises en 2002 et en 1993. Le nom du tueur et violeur en série allemand, 58 ans, revient dans bon nombre d’affaires criminelles non élucidées. (LP/PHILIPPE DE POULPIQUET)

Ce dernier aurait alors nié se trouver dans le département, au moment de la disparition de Sylvie Aubert. Il aurait assuré avoir résidé au Royaume-Uni, et s’y être « marié avant de devenir électricien ». Une théorie contredite plus tard par le témoignage d’une ancienne collègue de la jeune femme, qui indique aux enquêteurs avoir reconnu le tueur, avant de préciser que Sylvie prenait parfois sa pause déjeuner avec lui. D’autres témoins assurent avoir aperçu à Chalon le camping-car Volkswagen bleu et blanc de l’Allemand, alors réparateur de télévisions. « C’est une hypothèse sérieuse. Des vérifications complémentaires sont certainement nécessaires. Ce tueur a toujours tout nié dans les affaires précédentes. C’est lorsqu’on lui met les points sur les i qu’il lâche des éléments de reconnaissance des faits », insiste alors Maître Didier Seban, auprès du Parisien.

Cette version est privilégiée, puisque les policiers vont ensuite retrouver une preuve de sa présence en Saône-et-Loire. Une fiche d’inscription dans une salle de sport, signée de sa main, prouve qu’il a séjourné à Chalon-sur-Saône en 1986. « Le mode opératoire sur les deux meurtres et le fait de le repérer dans la région en font un suspect intéressant ! », indique alors Maître Seban au JSL. Mais cette piste ne donnera jamais rien. Réputé affabulateur, le meurtrier est un suspect extrêmement difficile à cerner : c’est un véritable « bloc de béton impénétrable », qui a longtemps brouillé les pistes, et n’a été confondu que 18 ans après avoir commis son meurtre dans l’Yonne, en raison de son ADN.

Le 6 mars 2019, l’association Christelle et Martine Aubert ont participé à l’audience de la cour d’appel de Dijon, qui doit décider ou non de la fermeture du dossier.

C’est le cabinet parisien Seban, qui défend les intérêts de l’association de Blanzy, qui a plaidé devant la juridiction. Les avocats avaient fait appel du jugement de la justice de refermer le dossier, faute d’éléments probants pour le poursuivre. Les proches de la famille et des membres de l’association estiment que tout n’a pas été fait pour résoudre ce meurtre et obtenir la vérité.

La décision de la chambre d’instruction de la cour d’appel de Dijon sera connue le 15 mai 2019.

Sources : Le JSL, France 3 Bourgogne-Franche-Comté, Le Parisien, l’Ina, l’association Christelle.

Afficher plus

Reynald

J'ai crée ce site en 2006 car j'étais un passionné de paranormal et je voulais partager ma passion avec les gens qui ont la même passion. Cela fait maintenant 14 ans que le site est ouvert et qu'il regroupe a peu pres tout ce qui touche le paranormal. Obsédé par la chasse aux fantômes et toutes les choses paranormales. Je passe beaucoup de temps (certains diraient trop de temps) à enquêter sur les fantômes et les esprits et à documenter les histoires et la communication paranormale..Bonne lecture.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Nous utilisons des cookies pour personnaliser le contenu et les publicités, pour fournir des fonctions de médias sociaux et pour analyser notre trafic. Nous partageons également des informations sur votre utilisation de notre site avec nos partenaires de médias sociaux, de publicité et d'analyse. View more
Cookies settings
Accepter
Décliner
Politique de confidentialité et de cookies
Privacy & Cookies policy
Cookie name Active

Qui sommes-nous ?

Texte suggéré : L’adresse de notre site est : https://leblogdeletrange.net.

Commentaires

Texte suggéré : Quand vous laissez un commentaire sur notre site, les données inscrites dans le formulaire de commentaire, ainsi que votre adresse IP et l’agent utilisateur de votre navigateur sont collectés pour nous aider à la détection des commentaires indésirables. Une chaîne anonymisée créée à partir de votre adresse e-mail (également appelée hash) peut être envoyée au service Gravatar pour vérifier si vous utilisez ce dernier. Les clauses de confidentialité du service Gravatar sont disponibles ici : https://automattic.com/privacy/. Après validation de votre commentaire, votre photo de profil sera visible publiquement à coté de votre commentaire.

Médias

Texte suggéré : Si vous téléversez des images sur le site, nous vous conseillons d’éviter de téléverser des images contenant des données EXIF de coordonnées GPS. Les personnes visitant votre site peuvent télécharger et extraire des données de localisation depuis ces images.

Cookies

Texte suggéré : Si vous déposez un commentaire sur notre site, il vous sera proposé d’enregistrer votre nom, adresse e-mail et site dans des cookies. C’est uniquement pour votre confort afin de ne pas avoir à saisir ces informations si vous déposez un autre commentaire plus tard. Ces cookies expirent au bout d’un an. Si vous vous rendez sur la page de connexion, un cookie temporaire sera créé afin de déterminer si votre navigateur accepte les cookies. Il ne contient pas de données personnelles et sera supprimé automatiquement à la fermeture de votre navigateur. Lorsque vous vous connecterez, nous mettrons en place un certain nombre de cookies pour enregistrer vos informations de connexion et vos préférences d’écran. La durée de vie d’un cookie de connexion est de deux jours, celle d’un cookie d’option d’écran est d’un an. Si vous cochez « Se souvenir de moi », votre cookie de connexion sera conservé pendant deux semaines. Si vous vous déconnectez de votre compte, le cookie de connexion sera effacé. En modifiant ou en publiant une publication, un cookie supplémentaire sera enregistré dans votre navigateur. Ce cookie ne comprend aucune donnée personnelle. Il indique simplement l’ID de la publication que vous venez de modifier. Il expire au bout d’un jour.

Contenu embarqué depuis d’autres sites

Texte suggéré : Les articles de ce site peuvent inclure des contenus intégrés (par exemple des vidéos, images, articles…). Le contenu intégré depuis d’autres sites se comporte de la même manière que si le visiteur se rendait sur cet autre site. Ces sites web pourraient collecter des données sur vous, utiliser des cookies, embarquer des outils de suivis tiers, suivre vos interactions avec ces contenus embarqués si vous disposez d’un compte connecté sur leur site web.

Utilisation et transmission de vos données personnelles

Texte suggéré : Si vous demandez une réinitialisation de votre mot de passe, votre adresse IP sera incluse dans l’e-mail de réinitialisation.

Durées de stockage de vos données

Texte suggéré : Si vous laissez un commentaire, le commentaire et ses métadonnées sont conservés indéfiniment. Cela permet de reconnaître et approuver automatiquement les commentaires suivants au lieu de les laisser dans la file de modération. Pour les comptes qui s’inscrivent sur notre site (le cas échéant), nous stockons également les données personnelles indiquées dans leur profil. Tous les comptes peuvent voir, modifier ou supprimer leurs informations personnelles à tout moment (à l’exception de leur identifiant). Les gestionnaires du site peuvent aussi voir et modifier ces informations.

Les droits que vous avez sur vos données

Texte suggéré : Si vous avez un compte ou si vous avez laissé des commentaires sur le site, vous pouvez demander à recevoir un fichier contenant toutes les données personnelles que nous possédons à votre sujet, incluant celles que vous nous avez fournies. Vous pouvez également demander la suppression des données personnelles vous concernant. Cela ne prend pas en compte les données stockées à des fins administratives, légales ou pour des raisons de sécurité.

Où vos données sont envoyées

Texte suggéré : Les commentaires des visiteurs peuvent être vérifiés à l’aide d’un service automatisé de détection des commentaires indésirables.
Save settings
Cookies settings